Patrick Bock est né à Atlanta en 1976, d’une mère américaine et d’un père français aux racines corses. Il grandit aux Etats-Unis et passe ses vacances chez ses grands-parents en Corse. Après des études de géographie à l’Université de Californie à Berkeley, il travaille trois ans comme cartographe avant de se consacrer à la photographie. Il parcourt l’Ouest américain, le Mexique et la Corse.
La photographie initialement appréhendée est celle d’un géographe qui documente le paysage naturel et humain lors de ses voyages. Les photos sont d’abord destinées au banc d’image de la maison d’édition qui l’emploie. Peu à peu, en longeant les côtes et les crêtes corses, une autre conception de la photographie émerge.
En étudiant à l’université la géographie des espaces sacrés, Patrick Bock avait découvert la peinture chinoise de paysages ; inspiré par ce qu’il voit en Corse, il replonge dans une étude de cette tradition. C’est en lisant les écrits des peintres de l’époque qu’il commence à concevoir le paysage autrement : moins comme un sujet à cataloguer ; plus comme une expérience à communiquer.
De là apparaît son désir de travailler chaque image comme une peinture. Le choix de la chambre photographique s’impose alors. Le travail à la chambre exige un rythme plus lent, où chaque photo doit être plus préparée et mieux réfléchie. Ce travail s’approche de celui du peintre, installé devant son chevalet. L’appareil est plus encombrant mais le geste, lui, est simplifié. Le photographe retrouve alors les éléments les plus fondamentaux de son art : la lumière d’une scène choisie traverse un objectif et se grave sur la pellicule.
Muni de sa chambre, Patrick Bock entreprend une série de vues de l’île de la Giraglia en pensant à Cézanne et sa Sainte Victoire, et aux vues du Mont Fuji de Hokusai. Avançant dans la série sur la Giraglia, il réduit chaque composition au minimum, enlevant tout élément non essentiel. Peu après, l’île elle-même est enlevée, et ainsi commence une série de vues de mer.
Le début de cette série coïncide avec son regain d’intérêt pour le mouvement Color Field des années 1950-1960 à New York où quelques peintres Abstrait comme Mark Rothko ou Barnett Newman utilisent des aplats de couleurs vives pour créer de grands tableaux qui offrent une expérience méditative en lieu et place d’une représentation.  Pour la série des vues de mer, Patrick Bock s’inspire de ces peintres, utilisant la lumière comme matière, créant ainsi des photographies qui se confondent avec des toiles.
Les deux plans du ciel et de la mer, avec les mouvements des vagues et des nuages, se retrouvent dans chaque composition. Patrick Bock utilise librement le temps de pose et développe ses propres objectifs afin de pousser sa photographie encore plus loin vers l’abstraction. Maintenant, il utilise également la vidéo dans son travail sur la mer pour introduire un mouvement réel qui impose un rythme à ses œuvres, vécues comme des tableaux mouvants.

Patrick Bock expose dans plusieurs pays et ses œuvres font partie de collections internationales. Il travaille avec la Galerie Odile Ouizeman à Paris. Il vit entre Paris et la Corse.
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